Projet — № 01

Encaisser sans intermédiaire

Quand vous payez l'une de nos applications, l'argent passe par un prestataire de paiement, Mollie. C'est lui qui a l'autorisation d'encaisser, et qui prélève une commission à chaque fois. Le projet est d'obtenir notre propre autorisation et d'encaisser directement. Voici les quatre marches qui y mènent, et ce que chacune coûte.

Au sommaire

  • L'obstacle : une autorisation
  • Ce que chacun prélève
  • Quatre marches
  • Huit pièces à écrire
  • Ce qu'on ne sait pas

L'obstacle réel

Encaisser demande une autorisation.

Fabriquer un outil ne demande la permission de personne. Encaisser de l'argent, si. Le paiement est un métier réglementé : pour opérer soi-même, il faut un statut délivré par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution — et ce statut ne s'obtient pas avec du code.

C'est pour cela que tout le monde passe par un intermédiaire. Il a la licence, il prélève sa part, il écrit les règles. La dépendance n'est pas technique — elle est réglementaire, et c'est ce qui la rend durable.

Chaque moyen qu'on veut reprendre est gardé par une autorisation. Celle-ci se franchit en quatre fois.

Le prix de la dépendance

Ce que chacun prélève.

Stripe est le choix par défaut, et pour de bonnes raisons : il s'intègre vite et accepte presque tous les moyens de paiement. Voici ce que coûte chaque paiement, d'après les tarifs publics.

Stripe

Carte européenne standard

1,5 % + 0,25 €

Sur 20,00 € : 0,55 €

Stripe

Carte européenne premium

2,8 % + 0,25 €

Sur 20,00 € : 0,81 €

Stripe

Carte internationale

3,15 % + 0,25 €

Sur 20,00 € : 0,88 €

Wero

De compte à compte, via Mollie

0,90 % + 0,25 €

Sur 20,00 € : 0,43 €

Virement SEPA

De banque à banque, via Mollie

0,25 €

Sur 20,00 € : 0,25 €

Imaginez ces commissions récupérées pour financer les applications de demain.

Chaque paiement laisse aujourd'hui quelques dizaines de centimes à un intermédiaire. Encaissés par nous, ils resteraient dans l'organisation et financeraient la suite.

Wero est l'initiative européenne de paiement de compte à compte : l'argent va de la banque du client à celle du marchand, sans passer par Visa ni Mastercard. Il appartient à EPI, une société détenue par seize banques et prestataires européens, dont BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Deutsche Bank et ING. Le pourcentage baisse. Mais un marchand y accède encore par un prestataire, qui ajoute sa commission et son forfait par transaction.

C'est le forfait qui pèse sur les petits montants, et il est le même partout. Le supprimer suppose d'être soi-même l'établissement de paiement : c'est l'objet de ce projet.

Tarifs publics pour la France, relevés le 6 octobre 2026 sur stripe.com/fr/pricing et mollie.com/fr/pricing. Hors tarifs négociés au volume. Le groupement qui opère Wero ne publie pas de grille : le tarif affiché est celui de Mollie, notre prestataire actuel. Actionnaires d'EPI d'après epicompany.eu.

Projet — encaisser sans intermédiaire

Quatre marches,
franchies une à une.

Chacune supprime une part de dépendance. Chacune rapporte déjà, ce qui paie la suivante. Aucune ne demande d'attendre d'avoir tout l'argent avant de commencer.

La part qui ne nous appartient pas encore

00 — aujourd'hui

Où nous en sommes

00

Sous licence d'un tiers

0 €

Aucun capital réglementaire

Ce qui ne nous appartient pas

C'est notre situation aujourd'hui. L'encaissement passe par un prestataire de paiement déjà agréé : nous ne détenons ni les coordonnées bancaires, ni l'identité des clients, tout reste chez lui.

Ce qu'on gagne
Le produit tourne, encaisse et se finance dès maintenant. Rien n'attend une autorisation.
Ce que ça coûte
Une dépendance entière. Le prestataire prélève sa part, fixe ses règles et peut fermer le robinet.

Marche suivante — 01

La marche suivante

01

Agent de prestataire de services de paiement

0 €

Enregistrement, pas agrément

Ce qui ne nous appartient pas

Un établissement agréé nous mandate et nous inscrit au registre de l'ACPR. Nous opérons les paiements nous-mêmes, sous sa licence et sous sa responsabilité.

Ce qu'on gagne
Opérer réellement des paiements, construire les volumes et l'expertise conformité en conditions réelles — sans immobiliser un centime.
Ce que ça coûte
Il faut convaincre un établissement de nous mandater : c'est lui qui dépose le dossier, pas nous. Honorabilité, compétence, contrôle interne à démontrer.

Marche suivante — 02

Plus tard

02

Agrément simplifié d'établissement de paiement

Capital allégé

Jusqu'à 3 M€/mois de volume

Ce qui ne nous appartient pas

Notre propre agrément, délivré par l'ACPR. Régime prudentiel adapté : capital initial réduit, et pas d'exigence de fonds propres minimum au titre de l'article L. 522-11-1 du Code monétaire et financier.

Ce qu'on gagne
La licence est à nous. Plus de mandant, plus de part prélevée par un intermédiaire, plus de règles écrites par quelqu'un d'autre.
Ce que ça coûte
Un dossier d'agrément complet, et c'est là que se concentre le travail juridique. Le régime est plafonné et ne donne pas accès au passeport européen.

Marche suivante — 03

Plus tard

03

Agrément d'établissement de paiement

125 000 €

Capital initial minimum

Ce qui ne nous appartient pas

Le régime complet, sans plafond de volume. Le capital n'est pas une dépense : il est immobilisé au bilan, exigé par le régulateur, et il y reste.

Ce qu'on gagne
Plus aucune limite de volume, et la possibilité de demander un accès direct au réseau de virements de la Banque centrale européenne, sans banque intermédiaire.
Ce que ça coûte
Contrôle interne complet, fonctions de conformité permanentes, reporting continu au régulateur. Et un lien bancaire qui ne disparaît pas : un établissement de paiement n'est pas une banque, les fonds des clients doivent rester sur un compte séparé dans un établissement de crédit.

Ce que finance le réinvestissement

Des juristes, pas du capital.

Le capital réglementaire — les 125 000 € de la dernière marche — n'est pas une dépense. C'est une somme immobilisée au bilan, que le régulateur exige de voir et qui y reste. On ne la consomme pas, on la pose.

La vraie dépense est ailleurs, et elle est humaine. Un dossier d'agrément est un ensemble de procédures écrites, vérifiables et défendables devant une autorité qui peut auditionner les dirigeants et analyser le modèle économique en détail. Ça s'écrit avec des juristes spécialisés en droit bancaire, et ça s'entretient avec un responsable conformité qui ne part pas une fois le dossier déposé.

Le dossier

Ce qu'il faut écrire.

Le détail d'un dossier d'agrément, tel que le régulateur l'examine. C'est cette liste que notre réinvestissement paie.

№ 01

Programme d'activité

La description précise des services fournis, de leur fonctionnement et de leur mise en œuvre. C'est la pièce que le régulateur lit en premier.

№ 02

Plan d'affaires prudentiel

Des projections financières qui démontrent que les exigences prudentielles seront tenues dans la durée, pas seulement au moment du dépôt.

№ 03

Dispositif LCB-FT

Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : procédures, contrôles, et un responsable désigné. Ce n'est pas un document, c'est une fonction permanente.

№ 04

Contrôle interne

Deux niveaux de contrôle, avec la gouvernance qui va avec. Le régime simplifié l'allège, il ne le supprime pas.

№ 05

Sécurité et données sensibles

Procédures d'accès aux données de paiement, dispositifs de sécurité, prévention de la fraude.

№ 06

Continuité d'activité

Ce qui se passe quand ça tombe. Le régulateur veut le plan écrit avant l'incident.

№ 07

Protection des fonds

Comment les fonds des utilisateurs sont protégés et cantonnés. Ils ne nous appartiennent jamais.

№ 08

Dirigeants et actionnaires

Honorabilité, compétence, expérience — évaluées personne par personne. L'autorité peut auditionner.

L'instruction d'un dossier complet prend trois mois. Le compteur ne démarre qu'une fois le dossier jugé complet — la préparation, elle, n'a pas de délai réglementaire. C'est la partie qu'on finance.

Ce qu'on ne sait pas encore

Le prix n'est pas public.

Ni les autorités ni les cabinets spécialisés ne publient de grille tarifaire pour l'accompagnement d'un dossier d'agrément. Le chiffre n'existe pas en accès libre : il s'obtient sur devis, au cas par cas.

Nous ne mettrons donc pas de montant sur cette page tant que nous n'aurons pas les nôtres. Les seuls chiffres affichés ici sont les capitaux réglementaires, fixés par le Code monétaire et financier. Quand les devis seront là, ils seront publiés — comme le reste.

Et il est possible que nous n'ayons jamais à monter les quatre marches. La marche 00 encaisse déjà. Chacune des suivantes se décide au moment où elle devient plus rentable que la dépendance qu'elle supprime.